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L’âge avancé des pasteurs pourrait avoir une incidence sur le nombre du personnel dans le futur

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L’âge avancé des pasteurs pourrait avoir une incidence sur le nombre du personnel dans le futur

Ivan williams, directeur à l’Association Pastorale pour la Division Nord-Américaine, ainsi que d’autres dirigeants d’églises, recherchent des solutions pour faire face au nombre élevé de pasteurs qui iront à la retraite en même temps. Ici, il intervient au cours d’un concile pastoral à Ontario, en Californie, l’année dernière.[photo de document par Gerry Chudleigh]

En Amérique du Nord, la moitié du nombre de pasteurs sont à 10 ans de la retraite

May 08, 2012 | Silver Spring, Maryland, United States | Ansel Oliver/ANN

Une récente mise à jour au niveau de la démographie pastorale aux Etats-Unis a révélé que quasiment 50% des pasteurs vont atteindre l’âge de la retraite dans une dizaine d’année, une découverte qui incite les officiels du département pastoral à envisager plusieurs scénarios potentiels afin de parer à cette éventualité.

A savoir, la dénomination envisage-t-elle d’embaucher toute une nouvelle équipe afin de remplacer ceux qui s’en vont à la retraite ou va-t-elle encourager ceux qui sont là à prendre leur retraite un peu plus tard que prévu ? Chaque option comporte des avantages, et les dirigeants de l’Eglise s’accordent à dire qu’ils examinent une combinaison des deux options possibles.

L’âge de la retraite pour l’année 2022 est fixé à 66.5 ans, d’après l’administration américaine de la Sécurité Sociale.

Le choix de retenir les pasteurs au-delà de l’âge de la retraite, c'est-à-dire jusqu’à environ l’âge de 70 ans, permet de conserver des pasteurs d’expérience au sein du personnel, mais cela occasionne une séparation inter générationnelle entre les pasteurs et les jeunes adultes et les adolescents qu’ils sont appelés à servir. Cependant, cette démographie n’est pas énorme ; les dirigeants font ressortir que l’âge moyen d’un adventiste en Amérique du Nord est de 56 ans.

La façon dont les dirigeants vont s’y prendre pour remédier à cette situation, pourrait avoir un impact sur tout, commençant par les modalités de recrutement, pour englober la politique de la rémunération, les cours en séminaires et les besoins culturels des diverses congrégations de la région. Tous les aspects des ministères de développement et de soutien seraient amenés à être revu.

« Nous essayons de voir comment avoir des pasteurs de qualité, face à cette opportunité qui se présente à nous, » a déclaré Dave Gemmell, un directeur associé au département de l’Association Pastorale pour la division nord-Américaine (NAD).
Ce qui est certain, c’est que les dirigeants vont explorer comment renouveler leurs efforts de  recrutement, comment sponsoriser plus de diplômés pour leur formation en théologie et comment développer le tout nouveau Conseil pour l’Education au Ministère. Jusqu’à tout récemment, la Division nord-Américaine était la seule des 13 divisions à ne pas avoir ce Conseil. Ce conseil fournira une formation formelle supplémentaire aux les pasteurs déjà en fonction.

« Nous avons un bon système éducatif, mais d’un point de vue historique, nous n’avons pas prévu cela en Amérique du Nord, » a déclaré Ivan Williams, directeur à l’Association Pastorale pour la Division Nord-Américaine.

Une mise en garde

Les dirigeants de l’Eglise ont noté que les statistiques mentionnés plus haut à propos de l’âge pour la retraite,  n’incluaient pas les fédérations régionales, les unités administratives de l’Eglise, qui historiquement parlant  supervise les congrégations Afro-américaines au centre et à l’est des Etats-Unis. Il y a 9 fédérations régionales au sein des 58 fédérations que compte cette division et un champ y est aussi rattaché. Environ 25% des membres de cette division font partie des fédérations régionales, d’après les statistiques fournies par le bureau du secrétariat exécutif de la Division Nord-Américaine.

Les statistiques pour ce sondage ont été glanées des archives du bureau de retraite de la Division Nord-Américaine. Les fédérations régionales opèrent sous une différente structure en matière de retraite et des statistiques comparatives ne sont pas disponibles à ce jour.

La division dans son ensemble compte environ 3460 pasteurs consacrés et 230 autorisés. Il y a environ 920 pasteurs diplômés, principalement ceux qui sont diplômés des collèges de théologie et qui doivent entrer au séminaire ou ceux qui ont terminé au séminaire mais qui attendent leur consécration.

Les 1.1 millions de membres que compte la Division Nord-Américaine vivent aux Etats-Unis, au Canada, dans les Bermudes et les îles du Pacifique Nord dont la Mission de Guam-Micronésie.

Recruter ceux qui ont de l’expérience

Relever le défi que représente le recrutement futur de personnel aux Etats-Unis offre également des opportunités permettant d’examiner d’autres facteurs quant à l’embauche des pasteurs. Ceux qui sont à la tête de l’Association pastorale déclarent qu’ils voudraient voir les rémunérations s’aligner sur les qualifications académiques des candidats. Actuellement, les salaires pour un pasteur détenant un doctorat et pour un autre qui n’a aucune qualification académique, sont les mêmes. Ce fait pourrait amener les officiels de la Division Nord-Américaine à envisager un réajustement de la politique des salaires.

« Je pense qu’ils devraient le faire, » a déclaré Denis Fortin, doyen du Séminaire Adventiste de Théologie, de l’université d’Andrews, à Berrien Springs dans le Michigan.

Mais cette décision appartient aux dirigeants des fédérations, des unions et à la division. Fortin a déclaré qu’une tendance qui s’est instaurée durant la dernière décennie, était d’embaucher des pasteurs n’ayant pas de maîtrise en théologie, et quelquefois même des pasteurs n’ayant aucun diplôme. Un professeur de séminaire a déclaré qu’une étude qui avait été faite il y a plusieurs années, a révélé qu’en moyenne 4 pasteurs au sein des fédérations locales, n’avaient pas de diplômes.

La pratique qui est de remplir un poste pastoral vacant par un employé biblique qui a effectué une formation de plusieurs semaines, est en fait en contradiction avec les statuts du manuel de travail de la Division Nord-Américaine. La section L 05 énonce ceci : « Qualifications académiques requises pour accéder au ministère pastoral : Compléter le programme de formation pastorale de 7 ans, spécifiant que ceux qui ont terminé l’école doivent s’inscrire au séminaire adventiste de théologie de l’université d’Andrews. Des exceptions seront faites pour des questions d’âges et pour des circonstances inhabituelles.

Les dirigeants du séminaire déclarent que des membres de plus en plus éduqués ont besoin de pasteurs éduqués.

« Pourquoi le ministère n’exigerait pas une éducation solide et correcte alors que dans toutes les autres professions en Amérique du Nord, on exige une éducation bonne et solide que ce soit pour le métier d’avocat ou dans le domaine médical ? » a demandé Fortin.

Un moyen potentiel pour mettre en vigueur la politique de recrutement actuel, a déclaré Fortin, serait d’exiger une formation théologique avant d’envisager la consécration ou l’autorisation.

Qui fréquente le séminaire actuellement

Fortin a déclaré que le programme du séminaire avait 350 à 400 élèves d’inscrits, dépendant du semestre et environ 100 diplômés chaque année. Les dirigeants d’églises estiment qu’il faudrait 200 pasteurs par an pour remplir les futurs postes vacants.
Walt Williams, un directeur associé au département de l’association pastorale pour la Division nord-Américaine et directeur du séminaire InMinistry Center, a déclaré que de plus en plus d’élèves entamant une seconde carrière s’inscrivaient au séminaire et qu’ils représentaient des candidats potentiels attractifs pour les fédérations recherchant des candidats avec un peu plus de vécu.

Le séminaire continue à faire l’expérience d’une démographie fluctuante. Presque 20% des élèves inscrits sont des femmes, comparé aux 15% d’il y a dix ans, a déclaré Fortin.

La démographie ethnique des étudiants a également connue une légère fluctuation. Les caucasiens sont toujours l’ethnie prédominante, à 35, 40%, mais a déclaré Fortin, ce chiffre est en baisse car il y a dix ans on était à 50%. Un tiers sont des noirs, 15% hispaniques et 12% asiatiques, a déclaré Fortin.

Financer l’éducation

Autre question que les officiels de la division devraient revoir concerne le financement des cours. Williams déclare qu’il a observé un changement durant les 10 dernières années : Les fédérations embauchaient ceux qui avaient terminé le collège de théologie et les sponsorisaient pour leur internat, à présent ils embauchent de plus en plus ceux qui ont déjà fait le séminaire.

Une partie de ce changement est due à un programme de motivation qui invitait les fédérations à embaucher ceux qui avaient fait le séminaire. Il y a plusieurs années, les divisions ont commencé à offrir des subsides aux fédérations pour qu’elles embauchent des diplômés de séminaires qui n’avaient pas été sponsorisés. Certaines fédérations comptent de plus en plus sur cet argent car elles ne veulent pas prendre le risque de sponsoriser un diplômé et ces derniers n’ont très souvent aucun moyen d’alléger leurs dettes.

A présent, vous avez de plus en plus de diplômés en théologie qui vont directement au séminaire sans faire les une ou deux années d’internat qui leur était si profitable, » a déclaré Williams.

Dans plusieurs cas, cela a alourdi les dettes des diplômés. A présent, un tiers seulement des élèves fréquentant le séminaire sont sponsorisés par les fédérations.

Les dirigeants à la division veulent inverser cette tendance. La Division Nord-Américaine assiste financièrement le programme des séminaristes diplômés à hauteur de 3 millions de dollars par an, basé sur un nombre de 200 élèves. La division assiste également financièrement à hauteur d’un million de dollars les fédérations et les unions afin qu’elles sponsorisent les diplômés.

« Nous voulons voir plus d’élèves sponsorisés, » a déclaré Tom Evans, trésorier à la Division Nord-Américaine. « Nous ne voulons pas que les fédérations aillent recruter les diplômés au séminaire à la dernière minute, après que ces derniers aient assumés eux-mêmes tous les frais de leur scolarité. »

Ceux qui sont à la tête de l’Association Pastorale à la Division Nord-Américaine ont déclaré que les barèmes salariaux pratiqués par les fédérations dépendaient de l’économie. Williams, le directeur associé à l’Association Pastorale, a déclaré que les embauches avaient repris cette année et ce pour la première fois depuis la récession, mais il a aussi ajouté que les entrées d’argent se faisaient attendre. »

Néanmoins, la plupart des diplômés trouvent du travail. Fortin a déclaré que des recherches menées par le séminaire ont démontré que 85% des tout nouveaux pasteurs se trouvaient embauchés au bout d’un an ou deux. » Certains de ces postes sont à l’aumônerie et non au sein d’une congrégation traditionnelle, a-t-il ajouté.

Williams a déclaré qu’il espérait voir les dirigeants des fédérations continuer à employer et à former des jeunes pasteurs en ayant une vision pour le long terme.

Toute fédération avec une vision pour le futur préfère engager de jeunes pasteurs, » a-t-il déclaré. « Planifier pour l’avenir requiert du courage. »

« Mais je comprends le défi qui se pose aux administrateurs qui ont des pasteurs plus âgés au sein de leur personnel et qui désirent continuer à exercer. »

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