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La fédération des églises à Singapour, qui est à présent autonome met l’emphase sur le recrutement

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La fédération des églises à Singapour, qui est à présent autonome met l’emphase sur le recrutement

Le président de la fédération à Singapour, Johnny Kan, vérifiant les détails de dernière minute avec les participants du service d’adoration à venir, le samedi 02 Juin à l’église adventiste de Jurong.

Seulement une poignée de candidats appartenant à la nouvelle génération ; « Super ! A présent tout le monde est au courant »

June 08, 2012 | Singapore | Ansel Oliver/ANN

Chuen Rong songe à se faire pasteur, donc le mois dernier, afin de se faire une idée, ce jeune homme âgé de 19 ans, a rencontré presque tous les pasteurs du pays.

A Singapour cela en fait cinq. 

Cette minuscule nation d’Asie du Sud-Est compte 9 pasteurs pour un total d’environ 2800 membres. Chuen fait partie d’une plus que petite poignée de candidats que les officiels de l’Eglise là-bas, envisagent de suivre dans l’espoir qu’il continuera à vouloir faire carrière dans le ministère.

Historiquement, cela a toujours été un défi pour l’Eglise à Singapour de recruter suffisamment de personnel. L’année dernière, la dénomination est devenue une entité autonome et les responsables pensent que cette transition aurait pu avoir lieu plus tôt s’il y avait eu suffisamment de personnel.

Pour une unité faisant partie d’une dénomination, la transition du statut de mission à celui de fédération, est basée sur deux points essentiels : elle doit démontrer de la stabilité dans deux domaines : le leadership et les finances. Ce dernier point n’est pas vraiment un problème dans cette ville-état moderne qui se trouve à la pointe sud de la péninsule malaisienne où le revenu par habitant est de $59.711, le troisième plus élevé au monde, selon le Fond Monétaire International.

Mais la question du manque de personnel a ralenti le processus, retardant les dirigeants jusqu’à ce qu’ils reçoivent l’aval de la dénomination, il y a de cela deux ans, pour faire une application  auprès du gouvernement singapourien afin de bénéficier du statut d’autonomie. Les dirigeants espèrent que le recrutement et le suivi de futurs candidats au poste de pasteur fera de cette question, de l’histoire ancienne.

« Nous devons travailler dur afin de recruter nos jeunes, » a déclaré le président de la fédération singapourienne, Johnny Kan.

Le défi est de trouver des candidats qui parlent couramment l’anglais et le mandarin, langue qui est parlée par les membres les plus âgés. Des 5.3 millions d’habitants que compte la population, environ 75% sont d’origine chinoise.

Chuen déclare qu’il est presque certain d’entamer une carrière dans le ministère. Bientôt, il ira faire ses deux ans de service national qui sont obligatoires, connu sous le nom de conscription, avant d’aller selon toute vraisemblance, à l’Université Internationale d’Asie-Pacifique, en Thaïlande, pour étudier la théologie.

« Je sens que Dieu me dirige, » a déclaré Chuen. « Mais, vous devez être engagé. C’est un appel qui dure toute la vie, alors je voudrais prendre la bonne décision en faisant monter beaucoup de prières bien entendu. »

Un autre candidat est James Tham, un consultant en management en Australie, et qui étudie actuellement au Séminaire de Théologie Adventiste aux Etats-Unis. Ce jeune de 31 ans compte retourner dans son pays natal, Singapour, afin de travailler en tant que pasteur, en mettant l’accent sur l’implication des laïques.

Kan a déclaré que le recrutement marchait mieux quand les pasteurs en fonction travaillent et forment personnellement un petit groupe de jeunes. « Une relation personnelle doit être établie, » a-t-il déclaré.

Ce n’est pas une exigence qu’il lance uniquement aux pasteurs locaux, mais c’est une maxime à laquelle il adhère lui-même ainsi que tout le reste du personnel de cette fédération. A Singapour, les officiers de la fédération et les directeurs de département aident dans l’exercice du ministère pastoral au sein des congrégations, un fait que Kan souhaiterait voir dans d’autres parties du globe.

« Ainsi, ils ne risquent pas d’oublier ce que c’est que d’être un pasteur local, » a déclaré Kan.

L’histoire du lancement de l’Eglise Adventiste à Singapour est floue. Le message adventiste y est arrivé aux alentours de 1890, vraisemblablement par l’intermédiaire du premier missionnaire adventiste, Abram La Rue, selon l’Encyclopédie Adventiste. Aujourd’hui, elle est la seule unité autonome de la dénomination au sein de l’Union des Missions de l’Asie du Sud-Est, qui comprend 7 pays. Singapour, seulement 270 mètres-carrés, possède une des économies les plus prospères au monde, et est une puissance dans le monde du commerce. L’Eglise Adventiste attire beaucoup de visiteurs étrangers et parfois un employé des navires marchands qui sont à quai.

Kan a déclaré que l’évangélisation peut s’avérer difficile au sein d’une population nantie et dont 40% sont bouddhistes, 15 % musulmans et 15% chrétiens. Afin de desservir la communauté, l’Eglise administre une maison de retraite, un centre de réhabilitation à l’intention de ceux qui souffrent des séquelles d’une crise cardiaque, deux écoles ainsi qu’une station de radio qui émet en 4 langues différentes.

Quoique Singapour possède l’environnement le plus clément pour le monde des affaires, il a des règlements stricts dans d’autres aspects de la société, tels les déchets, le transport et le langage. Le chewing-gum est interdit et la possession peut entrainer une amende de plusieurs centaines de dollars. Afin de régulariser le trafic, le gouvernement impose une pénalité de $71 000 pour le privilège de posséder une voiture. Et la diffamation envers les autres religions n’est pas tolérée, un fait qui ne dérange aucunement Kan.

« En fait, c’est une bonne chose pour nos pasteurs, cela les oblige à prêcher sur la raison qui nous pousse à être adventiste, » a déclaré Kan.

Les dirigeants continuent à trouver des raisons pour que les jeunes adventistes se fassent pasteurs. De temps en temps, les dirigeants trouvent des occasions pour motiver les candidats. L’ancien président de la mission, Danson Ng, déclara une fois, à un comité exécutif, que Christian Choo envisageait de se faire pasteur, mettant ainsi un peu la pression sur lui, publiquement.

Choo, un conseiller d’école âgé de 28 ans, a déclaré que cela ne le dérangeait pas. Pas beaucoup, de toutes les façons. Il a obtenu une licence en psychologie avec à l’esprit la possibilité de devenir peut-être un jour, pasteur.

Samedi, à l’église de Jurong, Choo s’est rendu compte que parler de ses projets à ANN pourrait être une façon de se mettre encore plus la pression.

« Super ! A présent, le monde entier saura que j’envisage de devenir pasteur ? » a-t-il plaisanté.

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